Sentiment d’impuissance et pouvoir…

Sentiment d'impuissance et pouvoir - Parent en constructionEst-ce que ça vous arrive de vous sentir dépassé ou impuissant devant la difficulté de votre enfant ou encore devant ses choix? Si vous vivez avec un enfant anxieux, ou TDAH par exemple, les chances sont que oui, vous avez ressenti cette émotion. Devant son refus de se rendre à l’école ou ailleurs à cause de son anxiété, peut-être essayez-vous par tous les moyens de « régler » ou de « changer » la situation, en d’autres mots de l’aider. C’est ce que tout parent ferait par amour pour son enfant. J’ai aussi constaté que ces situations nous amènent parfois à vivre un sentiment d’impuissance. Ça vous arrive?

Il est parfois difficile d’assister, impuissant, à la décision de notre enfant; il est difficile d’accepter qu’il refuse notre influence alors que nous pensons posséder tellement d’outils pour l’aider. Dans ces moments, peut-être ressentez-vous, comme moi, un sentiment d’impuissance. Alors que faire? Selon Michelle Larivey, psychologue, ce sentiment nous invite à faire la part des choses entre le pouvoir dont nous disposons réellement et celui qui n’est pas entre nos mains.

Parfois on essaie très fort et on a l’impression de « pédaler dans le vide ». Peut-être est-ce le cas? De mon côté, pour m’aider à me recentrer, je pense à l’analogie de la banane et de l’orange. Pouvez-vous transformer une banane en orange? Évidemment une mission impossible. Ce que vous pouvez faire, c’est de transformer une banane en pain aux bananes, mais pas en orange.

Donc, est-il possible, par exemple, de transformer notre enfant TDAH en enfant sans TDAH? Hum… on aimerait ça parfois, mais là aussi c’est peut-être mission impossible. Là où j’ai plus de pouvoir, c’est de l’aider à gérer son quotidien en gérant le mien. Ainsi je deviens un modèle de force et je l’aide à développer ses ressources et à atteindre son potentiel à lui. « C’est ce que je fais », me direz-vous et je sais que c’est vrai. Alors pourquoi le sentiment d’impuissance?

Peut-être parce que dans le fond on aimerait bien avoir l’orange malgré tout. Alors que faire une fois que nous avons exploré toutes les possibilités et que nous avons sous la main le pain aux bananes? Le déguster! Être en paix avec l’idée de déguster un pain aux bananes et pas une orange. Accepter, accueillir, aimer.

C’est une analogie simple, mais elle illustre bien mon message. Soyons convaincu que notre enfant a des capacités et des ressources qu’il peut développer… avec et sans nous. Il n’a pas toujours besoin que ce soit nous qui fassions le travail ou qui soyons là pour l’aider. Même si comme parent je suis un élément important, je n’ai pas tous les pouvoirs et il y a d’autres ressources autour de lui et en lui. Mon enfant a aussi un pouvoir de décision que je n’ai pas sur ses choix.

Quand on est en paix avec l’impuissance, on peut s’en remettre à l’autre tout en continuant de lui fournir les meilleures conditions de croissance possibles. Pour le reste… on s’exerce à accueillir notre sentiment d’impuissance, et à différencier entre ce sur quoi nous avons du pouvoir et ce sur quoi nous n’en avons pas.

Amicalement,

Francine

Une réponse à Sentiment d’impuissance et pouvoir…

  • Sarah Plourde dit :

    Allo Francine,

    Quel bel article qui porte à la réflexion ! Ca me fait penser à une pensée de Albert Einstein.

    « Tout le monde est un génie. Mais si on juge un poisson sur sa capacité à grimper aux arbres, il passera sa vie à croire qu’il est stupide. »

    Merci pour cette réflexion matinale !

    Sarah