Rentrée scolaire et anxiété de performance

Apprécier les résultats pour ce qu’ils sont : une indication des forces et des intérêts de nos jeunes

Par Francine Provost, ParentLeader.ca

La rentrée est déjà faite et votre enfant s’adapte bien? Parfait car la majorité des étudiants vivent les débuts scolaires et les transitions de façon positive. Mais pour d’autres, quelque 20% selon Diane Marcotte qui dirige le Laboratoire de recherche sur la santé mentale des jeunes en contexte scolaire, cette transition peut amener des symptômes d’anxiété et de dépression (voir l’étude annuelle du ACHA : American College Health Association).

Et cela s’est avéré ma réalité. Moi qui ai trois enfants ayant tous démontré des épisodes d’anxiété dans leur vie d’enfant et de jeune adulte, je peux témoigner que les symptômes peuvent être très différents d’un enfant à l’autre et qu’il n’y a pas qu’une recette miracle. L’important pour moi comme parent, ça été de devenir la meilleure « élève » possible et d’en apprendre davantage sur ce phénomène qui ne cesse d’augmenter dans notre société actuelle. Ainsi je suis mieux équipée pour accompagner mes enfants et les aider à développer leurs ressources.

Une des choses avec laquelle j’ai un peu de difficulté c’est de voir la pression qu’on met parfois sur nos enfants pour qu’ils aient de bonnes notes (en fait de très bonnes notes), ou qu’ils « réussissent leur vie » scolaire ou autre. Ce faisant, on passe un peu à côté de l’appréciation du quotidien, ou des bons coups qu’ils font parce qu’on se préoccupe un peu trop de ce qui pourrait arriver si on est pas assez vigilant comme parent, ou s’ils coulent un examen de maths. La plupart des parents ont tendance à se préoccuper davantage d’une note basse, plutôt que féliciter une note élevée. À preuve : si vous montrez le bulletin suivant à des parents : Histoire A+ ; Anglais A ; Maths D, sur quoi portera la conversation croyez-vous ? Est-ce que notre jeune doit avoir des « A » dans toutes ses matières ? N’est-il pas naturel d’avoir de la facilité dans certains sujets et moins dans d’autres ? On sait tout ça, mais c’est facile de l’oublier quand on est inquiet pour notre enfant.

Attention, je n’invite pas à la nonchalance puisqu’évidemment ils doivent atteindre certains objectifs, mais j’invite à la dédramatisation et à la célébration des forces. Dès que l’on étiquette une note de « basse » ou « mauvaise », notre réaction devient plus dramatique que si l’on ne l’étiquette pas. Une note est une note. François Gervais, animateur de vie spirituelle et d’engagement communautaire a dit : « J’ai hâte qu’on se mobilise pour ce que j’appelle le syndrome de la médaille d’or. Le stress de la performance fait que les étudiants résument toute leur personne aux notes. C’est criant. »

Ça porte à réflexion. Pourquoi ne pas profiter du premier trimestre scolaire pour pratiquer ces quelques stratégies qui peuvent avoir un effet calmant sur l’anxiété de nos jeunes étudiants et les motiver à bien utiliser leurs forces.

  1. Observer et être à l’écoute sans juger. Prenez du temps pour observer et écouter votre enfant lorsqu’il semble vivre une situation qui est difficile pour lui. Évitez de juger sa réaction comme exagérée, car elle est réelle pour lui. Il vaut mieux l’aider à prendre conscience de ses émotions et des sensations qu’il peut vivre (le cœur qui bat vite, les chaleurs, les étourdissements, etc.) et à les accueillir afin qu’il puisse en parler plus librement.
  2. Gérer sa propre anxiété. Devenez un modèle à suivre en ne paniquant pas vous-même. Ma sœur m’a toujours dit : « La pomme ne tombe jamais loin de l’arbre ! » Comment gérez-vous votre propre stress ou anxiété ? Quelles sont les peurs qui vous habitent par rapport à vos enfants ? Est-ce que vous arrivez à envisager l’avenir avec optimisme ou êtes-vous plutôt pessimiste ? Je ne veux pas dire de cacher nos propres émotions à nos enfants, mais plutôt de développer des moyens sains de les gérer. On peut ensuite les enseigner à nos jeunes.
  3. Féliciter les bonnes notes. Essayez de passer autant de temps, sinon plus, à célébrer les bons coups qu’à discuter des difficultés ; l’équilibre est important. On veut être réaliste et encourageant en même temps.

Comme parent, vous pouvez accompagner votre enfant anxieux dans la gestion de ses émotions en lui fournissant des outils et des stratégies comme la respiration complète ou la pleine conscience, outils bien documentés un peu partout sur l’internet. Notre rôle est de leur fournir les outils nécessaires pour les aider à développer leurs propres ressources, et non de vivre « à leur place » cette anxiété. Mais surtout n’hésitez pas à consulter si l’anxiété de votre enfant vous inquiète trop ou l’empêche de fonctionner normalement.

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En terminant, voici deux articles intéressants sur le sujet :

Zenétudes: Un nouveau programme d’intervention vise à contrer l’anxiété et la dépression chez les cégépiens.

L’anxiété de performance, un fléau chez les ados

Bonne réflexion et bonne observation!

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Au plaisir,

Francine

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