Est-ce que j’entretiens l’anxiété chez mon enfant?

Cet été, j’ai fait un séjour à la Petite Rouge pour un repos bien mérité. Là-bas sur la plage j’ai rencontré une maman extraordinaire dont la fillette de 10 ans faisait de l’anxiété assez intense. On discutait de nos situations respectives et de trucs et traitements adoptés. C’est alors qu’elle me raconte une histoire qui s’est passée chez le psychiatre de sa fille. Après avoir écouté attentivement son récit, j’ai pensé « si nous les parents on développait notre capacité à accepter les conseils pertinents, on contribuerait davantage à faire une différence ».

L’histoire va comme suit : la maman et la jeune fille sont dans le bureau du psychiatre. Le médecin emmène la petite se faire peser. La maman (dans l’intention de la rassurer) dit : « Veux-tu que j’aille avec toi ma chouette? ». Le médecin s’arrête et dit :

–   « Madame, je peux vous faire un commentaire? »

–   « Bien sûr. »

–    « Eh bien, la phrase que vous venez de dire, contrairement à votre intention, ne va pas rassurer votre fille. Elle croira plutôt qu’elle ne peut se faire confiance en présence d’un étranger et qu’elle n’a pas les ressources nécessaires pour gérer son anxiété. Il serait plus sage de la laisser elle-même demander si elle sent le besoin que vous l’accompagnez. »

Avez-vous remarqué comme nous faisons souvent  cela: être au devant des besoins de notre enfant? Cette maman, plus sage que je ne l’étais à ce moment de ma vie, a choisi d’accueillir ce conseil et de le mettre en pratique. Non seulement sa fille était fière d’être allée se peser seule, mais la maman a commencé à tester ce conseil dans d’autres situations.

Le jour où je l’ai rencontrée, elle avait décidé de mettre ce conseil en pratique lorsque sa fille (qui souffre aussi de dyspraxie) lui a demandé de faire du kayak. La maman, un peu hésitante mais certaine que le conseil pouvait s’appliquer ici, accepta et lui enseigna comment s’y prendre plutôt que de lui refuser ou de lui donner mille conseils. Elle n’aurait pas tenté cette expérience avant car sa jeune fille éprouve des difficultés de dextérité et de coordination physique dues à la dyspraxie.

Résultat? La petite a non seulement réussi à faire du kayak, mais elle était au paradis d’avoir accompli ce tour de force et elle venait de découvrir une activité où elle se sentait libre et autonome. N’est-ce pas fantastique?

Cette rencontre m’est revenue en tête dernièrement lors de la rentrée scolaire. Combien de fois sommes-nous anxieux pour nos enfants qui se préparent à la rentrée scolaire, ou qui étudient pour un examen difficile, ou qui font un séjour hors de la maison, ou qui partent avec notre auto (si vous avez des ados, vous comprenez…)?

Et s’ils avaient plus de ressources qu’on pense? Et si on les encourageait à observer leurs capacités plutôt que leurs limites?

Et si on acceptait plus et résistait moins?

De plus en plus, lorsque je m’apprête à aller au-devant des besoins de mes enfants (maintenant jeunes adultes), ou que je me stresse pour une difficulté qu’ils traversent, je pense à cette rencontre sur la plage et je me dis : « et si mon enfant était plus capable que je pense »? Alors tout en lui laissant savoir que je suis disponible, en évaluant la situation en termes de risques, je l’observe développer ses solutions. Et je l’aide quand IL me le demande.

Merci pour cet enseignement, précieuse maman de la Petite Rouge!

Bon automne à tous!
Crédit photo: Kaptain Kobold via photopin cc