En harmonie avec le conflit

Harmonie symbole« Les gestionnaires consacrent près de 80% de leur temps à contenir, éviter ou gérer les conflits entre collègues. » Cette phrase à l’endos du livre de Solange Cormier (Dénouer les conflits en milieu de travail), mérite réflexion!

Mais qu’en est-il des parents? Passons-nous autant de temps à gérer des chicanes entre enfants, ou entre nous et l’autre? Je n’ai pas toujours su que le conflit pouvait servir de déclencheur pour un changement positif; ou qu’il était préférable d’essayer de trouver une solution gagnant-gagnant. Oh non, je croyais même parfois que je possédais LA vérité en ce qui concerne ma façon de penser, de gérer ma famille, de ci, de ça. Et vous qu’en est-il?

Si vous croyez aussi que le conflit est négatif, je vous invite à considérer l’idée suivante : le conflit fait partie intégrante des rapports humains aussi bien dans la vie privée que dans le monde du travail. Pour vous aider à y voir clair, je vous offre aujourd’hui quelques informations sur les stratégies adoptées par les gens pour faire face au conflit; explorez-les et permettez-vous d’être en « harmonie avec le conflit! »

Croyances par rapport aux conflits

La croyance selon laquelle l’harmonie, la bonne entente et le consensus sont des signes de santé familiale et donc, que l’on doit éviter les désaccords à tout prix, peut s’avérer nuisible. Les croyances sont le résultat des pensées que nous entretenons : ce que nous croyons être possible et que nous voyons comme la réalité et comme une certitude. Les croyances sont expansives (donne de l’énergie) ou limitatives (engendre des sentiments négatifs). Par exemple, si je me répète qu’il ne peut y avoir que des perdants, je croirai qu’il est préférable d’éviter de faire des vagues et de m’accommoder de la situation (croyance limitative). Par contre si je me répète qu’il est possible de faire des changements positifs, je croirai que le conflit peut être une source de possibilités (croyance expansive).

Pour développer des « croyances expansives », inspirons-nous de la philosophie chinoise qui dit : dans toute crise, il y a une occasion. Cette philosophie nous amène à identifier les possibilités de changements positifs que l’exploration du conflit peut générer.  Mais il existe plusieurs façons de faire face au conflit.

Les stratégies d’intervention et quand les utiliser

Cinq approches sont utilisées par les gens en réponse au conflit. En les connaissant mieux, vous pourrez choisir l’approche la mieux adaptée selon votre analyse de la situation, vos objectifs, vos intérêts personnels et familiaux.

Éviter :
À utiliser quand vous estimez l’enjeu peu important, ou lorsque vous devez vous calmer et avez besoin de temps pour recueillir plus d’information.

Confronter :
À utiliser quand vous estimez la situation cruciale et vous savez que vous avez raison ou lorsque vous devez passer à l’action rapidement, par exemple lors d’une urgence.

Compromis :
À utiliser quand vous avez besoin d’une entente temporaire pour une situation complexe ou que vous devez arriver à une solution rapide dû à un délai serré.

Accommoder :
À utiliser lorsque vous réalisez que vous avez tort et vous voulez montrer que vous êtes raisonnable. Ou encore lorsque la situation est beaucoup plus importante pour l’autre que pour vous.

Collaborer :
Cette approche produit généralement les meilleurs résultats. C’est aussi celle qui vous permet d’apprendre le plus. À utiliser lorsque les enjeux sont importants, que vous voulez une solution à long terme, que les intérêts sont compatibles, que vous voulez rassembler les différentes perspectives des gens sur un problème donné, que vous voulez régler des sentiments qui interfèrent avec votre relation interpersonnelle avec l’autre personne ou que les objectifs nécessitent un effort de groupe.

(Source: Adapté de l’instrument de Thomas-Kilman)

Donc si vous êtes parent et que vous passez beaucoup de temps à régler des conflits (ou à les éviter), je vous invite à accueillir l’idée que le conflit fait partie intégrante des rapports humains, et que l’harmonie, la bonne entente et le consensus ne sont pas nécessairement des signes de santé familiale. Penchez-vous sur les stratégies décrites ici et soyez en « harmonie avec le conflit! »

Pour explorer davantage certains thèmes, écrivez-moi un commentaire ci-dessous ou envoyez-moi un message et j’écrirai sur des sujets qui vous interpellent.

Bonne semaine chers parents!

Francine