De Parent à leader

Parent leaderQuand je travaille avec des équipes, je me surprends souvent à faire des parallèles entre gérer une équipe et élever une famille. J’ai donc pensé que je pourrais partager avec vous quelques stratégies qui font souvent partie de mes enseignements en milieu de travail et qui s’appliquent si bien à la maison. Alors chers parents, êtes-vous des leaders? Je réponds que OUI, définitivement!

Se connaître et se reconnaître

Tout comme un leader qui mène une équipe au succès, je crois que pour bien guider nos enfants, il est bon d’apprendre à bien se connaître : qui on est vraiment, à quoi réagissons-nous, de quoi a-t-on besoin pour être en paix, quelles sont nos limites à respecter et qu’on oublie peut-être parfois ? Pour aider à se connaître un peu mieux chaque jour, transformez-vous en « inspecteur » qui va à la recherche d’indices : il regarde, observe sans juger, constate. Par exemple, où va ma pensée quand le professeur me dit que mon enfant pourrait faire mieux en mathématique ? Observez sur quoi se concentre votre pensée, toujours sans vous juger, juste observer ce qui est. Ensuite si vous croyez que cette pensée n’est pas aidante, vous pourrez l’ajuster. Un autre exemple : quand vous réagissez avec frustration, observez ce qui a mené à cet état. Est-ce une limite non respectée ? Est-ce une peur non avouée ? Simplement vous mettre en observation pour les sept prochains jours, vous apprendra beaucoup sur vous-même.

Pendant cet exercice d’observation, notez aussi vos réussites si petites soient-elles. Il serait injuste de ne noter que ce qui ne fonctionne pas ; il est important d’équilibrer en notant ce qui va bien, ce qu’on fait de spécial. Et n’oubliez pas de vous célébrer !

Accueillir et accepter

Accepter ce que nous avons reçu (les ressources) et travailler avec pour atteindre ses objectifs. C’est la phrase que je véhicule dans mes formations de leadership dans le milieu des affaires. Moi j’ai longtemps été une spécialiste de la résistance. A chaque fois qu’un professeur ou un professionnel de la santé me donnait de l’information, je devais toujours faire ma propre recherche, donner ma propre opinion pour prouver qu’ils ne comprenaient pas tout… le déni, la résistance. J’en ai déjà parlé dans un de mes premiers articles « Autruche ou maman ours ». Avec les années, j’ai appris à mieux accueillir la réalité comme elle se présentait et à accepter ce qu’elle m’offrait, que ce soit à travers mes enfants ou dans d’autres sphères de ma vie. Je peux vous confirmer que ma vie est beaucoup plus facile maintenant.

Je me souviendrai toujours d’un certain matin à l’aéroport avec ma fille de 20 ans qui refusait d’embarquer dans l’avion car elle faisait une crise d’angoisse. Comme nous étions à l’étranger et qu’on revenait à la maison, il n’était pas question d’annuler le voyage… Ce jour-là j’étais vraiment inspirée et j’ai accueilli la situation telle qu’elle était en demandant à ma fille ce qu’elle se sentait capable de faire pour retourner chez nous. Elle a suggéré l’autobus (20 heures de route). Je n’ai pas résisté, je l’ai accompagnée dans la recherche d’un horaire pour finalement qu’elle réalise que c’était trop compliqué et qu’elle embarquerait finalement dans l’avion. Ça n’a pas été un vol facile pour elle, mais en accueillant sa peur et la possibilité de retourner en autobus, je créais une ouverture à solutionner plutôt qu’à blâmer. Ça été beaucoup plus facile. Quand on accueille la réalité, ça permet de se mettre en mode « résolution » et d’avancer. On relève ainsi les défis avec beaucoup moins de perte d’énergie et de bien meilleures idées.

« Faire » confiance

J’utilise l’expression « faire confiance » par rapport à « avoir confiance » parce que le verbe faire implique une décision alors que le verbe avoir, implique quelque chose qui est là juste comme ça. Vous pouvez choisir à qui vous faites confiance dans la vie en général ; mais quand ça vient à nos enfants, on se retrouve souvent dans nos peurs et on oublie d’accorder notre confiance à l’enfant, à nous-mêmes, et au processus d’évolution.

Ma mère disait toujours : « Francine, fais confiance à la vie ». Ce que j’en ai compris, c’est que malgré les défis que la vie nous présente, à travers nos enfants ou nos autres relations, je dois faire confiance que je serai en mesure de les relever avec force et courage. Et cette décision me permet très souvent de transformer un scénario futur « épeurant » en scénario de nouvelles possibilités. Ceux qui ont vécu des épreuves le disent toujours : « dans cette situation, j’ai tellement appris et ça a changé ma vie… ; c’était finalement un cadeau de la vie ». J’ai entendu cette phrase dernièrement d’une amie qui est passé au travers un cancer du sein et qui, aujourd’hui s’en trouve transformée. Alors faites confiance.

Sur ce, chers parents, je vous invite à jouer à l’inspecteur et à observer vos bons coups autant que vos questionnements ; sachez vous célébrer ! Vous serez ainsi plus fort et mieux équipé pour accueillir ce que la vie met dans votre assiette à chaque jour. Il n’y a de solution magique pour personne, seulement des solutions réalistes. Et finalement, faites-vous confiance ; vous êtes le bon parent pour votre enfant !