Anxiété : Le pouvoir des pensées

La semaine dernière, j’assistais au Congrès en santé mentale 2011 que le Centre hospitalier Pierre-Janet organise à chaque année depuis 16 ans. Deux ateliers ont particulièrement attiré mon attention, le premier : « Symptômes anxieux chez les enfants et troubles anxieux chez les adultes » avec Nathalie Couture, M.a., et les Dr Geneviève Marcotte et Amélie Seidah. L’autre atelier était « Parents anxieux, enfants anxieux » avec Dr Geneviève Piché, professeure à l’UQO.  Je garderai ce dernier pour un prochain billet car aujourd’hui je veux partager avec vous un truc intéressant enseigné dans le premier atelier et que j’enseigne moi-même dans mon cours « Comment éliminer le stress de parler en public ». C’est le truc de transformer ses pensées anxieuses en pensées aidantes ou transformer son dialogue intérieur. Ce dernier exerce un pouvoir énorme sur la qualité de nos réflexions et donc de nos décisions affectant du même coup la qualité de nos relations avec nos enfants.

Dans l’atelier des symptômes anxieux, on parlait d’approche cognitive-comportementale laquelle s’avère efficace dans le traitement de l’anxiété chez les enfants; j’en ai parlé dans mon billet « Pilules ou granules ». Une des étapes dans cette approche consiste à faire une « restructuration cognitive » – en langage courant : « transformer son dialogue intérieur ». Les exemples utilisés s’adressaient aux enfants, mais je us les présente du côté parents; une fois le concept compris, il vous sera facile d’utiliser la même approche avec vos enfants. Ça ne peut qu’aider. Alors voici comment ça fonctionne.

Étape 1 – Prendre conscience de votre dialogue intérieur

La première étape est de prendre conscience de la pensée qui apparaît « automatiquement » lorsque vous vous inquiétez pour votre enfant; par exemple, mon fils a coulé un examen et je me dis : « Ah non! Pas un autre; de la manière qu’il est parti là, il va couler son année. » Cette pensée, qui surgit sans qu’on le veuille, causera à coup sûr de l’anxiété pour nous et de façon inconsciente, sera possiblement transmise à notre entourage (par le non verbal, le ton de la voix, etc.).

Étape 2 – Transformer les pensées anxieuses en pensées aidantes

Une fois reconnue, il sera utile et efficace pour diminuer l’anxiété, de transformer vos pensées anxieuses en pensées aidantes; par exemple, mon fils a coulé son examen et je me dis : « Hum… un autre examen difficile pour lui; je vais explorer ça avec lui et voir si je peux l’aider à réussir le prochain. » Dans cette deuxième phrase, je me mobilise et, en restant dans l’expérience présente (l’examen d’aujourd’hui) sans extrapoler (il coulera sûrement son année), je suis plus efficace à générer des options de solutions et à guider mon enfant. Pourquoi? Parce que j’entretiens des pensées de « possibilités » versus de la peur ou de l’inquiétude, lesquelles nous paralysent souvent.

Voici quelques exemples de pensées anxieuses qui apparaissent sans crier gare et la version aidante dans la colonne de droite :

–       J’espère qu’elle ne sera pas trop intimidée par son nouveau professeur. –       Je suis curieuse de savoir comment elle trouvera son nouveau professeur.
–       Pourquoi ai-je accepté qu’elle aille coucher chez son amie? Tout d’un coup qu’elle ne dort pas. Ça me stresse tellement quand elle couche ailleurs! –       Je me sens stressée quand ma fille couche ailleurs, mais je décide de lui faire confiance qu’elle demandera de l’aide au besoin. (Et allez lire un bon livre ou faire quelque chose de productif.)
–       J’ai vraiment pas hâte que l’école recommence! Mon fils a tellement de misère à faire ses journées dans une classe. –       Mon fils avait de la misère à faire ses journées l’an passé. Maintenant ça va mieux à la maison et il a vieilli un peu, alors on verra sûrement un certain progrès.

Quelle colonne préférez-vous? Moi j’aime bien celle de droite car ces pensées affectent positivement notre bien-être et risquent de teinter positivement nos communications avec notre enfant. Les phrases de gauche sont peu efficaces pour augmenter notre confiance, pour donner du pouvoir à l’enfant comme étant capable de gérer son anxiété et de demander de l’aide au besoin.

Étape 3 – Pratiquer, pratiquer, pratiquer

Pour changer notre dialogue intérieur, il faut plus qu’en prendre conscience et reformuler; il faut pratiquer, pratiquer, pratiquer! Faites le test avec vous-même cette semaine :

  1. Prenez conscience d’une pensée anxieuse.
  2. Notez-la sur un papier.
  3. Traduisez cette pensée anxieuse en pensée aidante.
  4. Félicitez-vous d’en avoir pris conscience.

Exemples d’enfants : essayez la technique avec votre enfant en lui demandant d’identifier quelques pensées anxieuses et aidez-le à les transformer.

Ex. : Lorsque le professeur pose une question à l’enfant : « Ils rient de moi parce que je suis tout rouge et que je tremble. » VS « Les autres me regardent simplement parce qu’ils attendent ma réponse. »

« Je suis sûr que je n’ai pas la bonne réponse. » VS « Je me fais confiance, je suis capable. »

Alors chers parents, on se lance le défi? Cette semaine, arrêtez-vous pour prendre conscience, reformuler et faire le test. Ensuite, intégrez-le à votre routine au moins une fois par jour et voyez comment votre dialogue intérieur devient plus positif et efficace. Bonne transformation et donnez-moi des nouvelles de vos résultats!

Amicalement,

Francine

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